Bruno Dumont's Lust in the Dust; Parler de «Twentynine Palms»



Bruno Dumont's Lust in the Dust; Parler de «Twentynine Palms»



par Liza Bear



Le réalisateur Bruno Dumont sur le tournage de «Twentynine Palms». Photo gracieuseté de Wellspring.

Bruno Dumont, ancien professeur de philosophie, s'est fait un nom avec seulement deux films: “La Vie de Jesus” (1997), sur la vie d'un jeune au chômage, et «Humanite» (1999), au sujet d'un policier qui s'interroge lui-même et qui peut ou non avoir tué un enfant. Tournés dans la ville natale sans prétention et couverte de Dumont de Bailleul, dans le nord de la France, les deux sont des fables puissantes, austères et compatissantes utilisant des acteurs non professionnels dans la tradition de Bresson et Depuis Sica. «Humanite» a fait des vagues à Cannes quand il est reparti non seulement avec le prix du grand jury mais aussi avec des prix du meilleur acteur et de la meilleure actrice.

Le nouveau film de Dumont «Twentynine Palms» se déroule dans la chaleur fulgurante du parc national de Joshua Tree en Californie. Un couple en proie à une histoire d'amour torride (David Wissiak et Katia Golubeva), conduisant un Hummer rouge foncé, baise et se fraye un chemin à travers des motels, des piscines, des parkings et certains des paysages les plus sauvages et les plus bizarres du désert de Mojave, à la recherche de lieux. Là, une autre fin les accueille.

L'expression absolutiste «le bien et le mal» a obtenu un mauvais coup par son utilisation abusive par les fondamentalistes de toutes les croyances. 'Twentynine Palms' est encore plus une fable allégorique que les travaux antérieurs de Dumont, et ses préoccupations sont véritablement philosophiques plutôt que pseudo-morales. Mais je vais le laisser les expliquer. Ce qui suit est un extrait de notre discussion, menée en français pendant Rendez-Vous With French Cinema, où le film a eu sa première américaine. Wellspring ouvre le film à New York et Los Angeles aujourd'hui.

indieWIRE: Ce n'était pas votre premier voyage aux États-Unis, n'est-ce pas?>

iW: C’est aussi une forme bizarre.

Dumont: Oui, tordu, tordu.

iW: Et les rochers semblent à la fois anthropomorphes et antédiluviens.

il suit grand homme

Dumont: Absolument. Et ils apparaissent soudainement de nulle part… Incroyables.

iW: Pourtant, les deux amoureux nus sur les rochers sont totalement absorbés l'un par l'autre, apparemment inconscients de leur environnement. Vous pourriez dire que leur manque de conscience ou de vigilance les met en danger. Il ne leur vient pas à l'esprit que d'autres pourraient être excités par cette sexualité manifeste ou envier leur liberté.

Dumont: Exactement. Le bien et le mal sont des concepts polaires - l'un ne peut exister sans l'autre. S'il n'y avait pas de mal… Le couple est dans la condition humaine primordiale de félicité sexuelle, mais avec cette menace de catastrophe qui peut jaillir de n'importe quel quartier sans raison et sans cause.

iW: Et pour lequel le récit n'offre aucun indice.

Dumont: Non. Je pensais que le spectateur d'aujourd'hui est si bien versé dans le langage cinématographique que toutes les théories sur le suspense, comme le soutient Dreyer et Hitchcock, sur ce qui vous fait peur au cinéma, peut être abandonné. C’est finalement le spectateur qui va construire la menace et la peur. Dans 'Twentynine Palms', parce que rien ne se passe, c'est impossible, quelque chose doit arriver. Ce que j'ai découvert pendant le montage, c'est qu'une tension dramatique est apparue [entre les scènes] qui n'avait pas été présente pendant le tournage.

iW: Oui, mais c'est en partie le résultat de votre mise en scène très précise.

Dumont: Peut-être, mais plus votre récit est élaboré, plus le spectateur se tait et écoute docilement. Et si le cinéaste se tait, le spectateur projettera lui-même ses propres hypothèses et sentiments sur l'écran.

iW: Aviez-vous voulu faire un film d'horreur avant de partir dans l'Ouest?

Dumont: Non. J'ai décidé de le faire à cause de ce que j'ai ressenti en arrivant. Je n’étais jamais allé dans un désert auparavant et j’ai eu cette expérience profondément métaphysique de la peur.

iW: Pas même le Sahara?

Dumont: Non.

iW: Tu étais là la nuit?

Dumont: Non, juste le jour. Mais je savais que j'étais aux États-Unis où tout pouvait arriver.

iW: Eh bien, en Europe aussi.

Dumont: Oui, mais… non non non non non non. Il existe un mythe de longue date sur les États-Unis qui est encore très répandu en Europe [malgré les récents développements]. Historiquement, «l'Amérique» de ce mythe est une incroyable aventure humaine et une expérience de démocratie politique. Mais en même temps, ou c'est ce que l'on nous dit, c'est le pays des extrêmes où le pire peut arriver.

iW: Oui, mais… Qu'est-ce qui a conduit au casting de l'acteur inconnu David Wissak et de la Russe Katia Gulebova?

Dumont: Surtout budget. Mon premier choix a été de travailler uniquement avec des acteurs américains anglophones, mais les partenaires financiers du film voulaient que 50% du dialogue soit en français. J'avais rencontré Katia Golubeva à Los Angeles. Elle parlait très mal le français. Le fait qu'elle soit russe était accessoire à l'histoire - je n'avais absolument aucune intention géopolitique. Donc, fait intéressant, les deux pouvaient à peine communiquer.

iW: Sauf physiquement.

Dumont: Oui, c'était super.

iW: Pour revenir à ce rapport très érotique dans un endroit si dur qui est tellement exposé aux éléments, au soleil, au froid - était-ce en contrepoint?

Dumont: Eh bien, je l'ai vu comme une harmonie plutôt qu'un contraste. J'ai vu le désert comme un endroit sauvage, voire régressif, où le corps humain est en harmonie avec la nature - rochers nus, corps nus. Le couple régresse précisément dans leur manque de conscience, de langage verbal, de tout ce que nous considérons comme humain et civilisé - pour tenter de revenir à un état instinctif. Vous ne pouvez pas aller plus loin que d'être nu. Et ils rechargent leur ... ils prennent le soleil.

iW: Le sexe dans ce film ressemble beaucoup au sexe de votre premier film, 'La Vie de Jesus'.

Dumont: Oui, brut, primal. Le sexe devient violent lorsque vous éliminez tous les sentiments… le tour est joué, ça devient grossier. J'ai écrit le script en deux semaines à plat.

iW: Donc, les petits incidents narratifs, le combat des amoureux, le chien à trois pattes - est-ce qu'ils sont apparus pendant le tournage?

Dumont: Ce qui est expérimental dans le film, c'est qu'il reste à l'écart de toutes les conventions romantiques normales. Il s'agit de la banalité du couple. À propos de l'ennui, de l'anticipation, de la colère, de la réconciliation. Tous les soi-disant anecdotes, les détails d'une relation, je les ai mis au point. Je voulais réduire l'importance du sujet et changer la relation figure-terrain. Ayez deux minuscules petites figures sur un vaste fond. Le meilleur parallèle auquel je puisse penser est le passage de la peinture figurative à la peinture abstraite.

iW: Donc, avec cette fin très, très radicale, pensez-vous que certaines personnes pourraient ne pas comprendre ce que vous faites?

Dumont: Peut-être que la fin du film est trop définitive et autoritaire, trop violente même, par rapport aux trois premiers quarts du film, où le spectateur est tout à fait libre de se promener dans son imagination. Mais je savais que je voulais finir avec un carnage total.

iW: Tu le savais depuis le début?

Dumont: Bien sûr. Je voulais montrer comment on peut arriver à ce point. Mais je me suis posé beaucoup de questions à ce sujet.

iW: Et vous avez également laissé beaucoup de questions au spectateur.

Dumont: Cela aussi.

iW: Comment voyez-vous «Twentynine Palms» par rapport à vos deux premiers films?

Dumont: Je le vois comme se rapprochant de l'art formel. Mon rêve est que ce film soit projeté dans les musées, pas dans les salles de cinéma. Et que les gens devraient le voir comme des individus et non comme un public collectif.

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iW: Votre prochain film sera-t-il tourné ici ou en Europe?

Dumont: En Europe parce que c'est moins cher. Je prépare donc quelque chose que je tournerai en France à mon retour… Mais les États-Unis sont un modèle politique, culturel et économique si puissant dans l'évocation du monde contemporain, que pour venir ici, sélectionner quelques éléments le prototype et les réorganiser, c'est vraiment intéressant artistiquement.



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