Critique: «Caoutchouc» est le film qui défie les conventions que vous attendez d'une photo sur un pneu tueur


«Rubber» est l'histoire d'un pneu qui prend conscience et décide de tuer. Il ne parle pas, ne danse pas, ne chante pas et ne développe aucune relation durable avec les humains, les animaux ou les autres pneus. Comment racontez-vous une histoire comme celle-ci? «Rubber» semble avoir déjà posé cette question, c'est pourquoi la première impression du film n'est pas le pneu lui-même, mais plutôt le public.



Conduit dans le désert, un groupe de citoyens variés se rassemble pour regarder ce qui finira par être les exploits meurtriers de Robert le pneu. Un officier de police, ou peut-être un acteur jouant un policier, informe le public, nos substituts de la capitale, qu'ils vont regarder un film servant d'expérimentation en quelque sorte. Demander pourquoi le pneu tue, fait valoir le film, revient à demander pourquoi le personnage principal de 'Mâchoires”Tue. Ou, encore plus nébuleux, le pneu développe une télékinésie mortelle parce que parfois «les choses se produisent sans raison».

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Alors que nous regardons le public regarder le pneu, les nombreuses couches en jeu rebondissent les unes contre les autres. Le public a interagi avec le policier, mais la toute première scène du film est une adresse directe à la caméra. Donc, nous sommes le public, mais nous ne sommes pas dans le désert, et nous ne tenons pas les jumelles que le public détient. Nous n'avons également jamais interagi avec le policier, qui, après avoir présenté le film, entre dans le récit en tant que flic dirigeant un groupe de travail contre le pneu qui a laissé une trace de mort dans son sillage. Nous ne sommes pas dans les personnages de ce film, non?



Le policier est à la poursuite du pneu, mais semble déconcerté par le manque de contrôle qu'il a sur le récit. Conduisant de manière nonchalante sur les lieux du crime, il trouve un cadavre qu'il prend pour faux. Quand il informe les autres officiers qu'ils sont dans un film, ils sont incrédules, et il ordonne à l'un d'eux de lui tirer dessus pour permettre la preuve. Une balle entre dans l'officier, mais il reste imperturbable, affirmant que c'est de la «magie du cinéma». Alors, comment expliquer le sang qui coule de la poche de sa chemise?

«Rubber» ressemble moins à un film qu'à une plaisanterie pratique. Écrit et réalisé par Quentin Dupieux, le récit semble moins porter sur la préservation d'une cohérence interne que sur la remise en question de la ligne droite qu'il est censé suivre. Nous sommes amenés à croire que le policier, qui a un certain contrôle sur l’histoire, est une sorte d’auteur, mais lui aussi est perplexe face à la direction que prennent les événements. Le pneu, dont les motifs ne sont pas expliqués avant une coda méchamment drôle, semble être en train de contrôler son propre film. Et qu'est-ce qu'un film grand public sans sexe et sans violence?



Le sexe semble être le plus risqué, jusqu'à ce que Robert attrape un vagabond sexy (l'exquise Roxane Mesquida) en route à travers la ville. Le pneu traîne dans le coin et regarde sa douche, déformant toute notion du regard féminin quand il apparaît plus tard, seul, dans la même douche. Ce qui ressemble à la punchline dérangeante de cette exploration sexuelle est une scène où le pneu repose sur le cadavre en décomposition d'une victime tout en regardant NASCAR à la télévision.

'Caoutchouc' défie toute catégorisation, et pour cela, le film mérite des félicitations. Bien plus qu'un simple film «tueur de pneus», il est clair que le film méprise la logique interne pour faire fonctionner une telle prémisse bizarre conventionnellement. Il faudra creuser pour trouver la thèse, qui est enterrée sous ce qui peut ou peut ne pas être non séquentiels, sans parler de quelques gags muets qui ne peuvent pas résister, mais le film se déplace vers sa propre rainure distincte. La partition, composée par Dupieux et Gaspard Auge (ce dernier qui appartient au duo de maison français connu sous le nom de Justice), maintient le rythme à un clip tendu, voire funky, jetant un doute quant à savoir si nous entendons la musique, ou si le pneu se déplace au rythme de son propre tambour. Quoi qu'il en soit, «Rubber» est probablement le film le plus étrange de l'année qui gardera votre tête en haleine. [B]



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